Ostéotomie de nivellement du plateau tibial (TPLO) chez le chien

Ostéotomie de nivellement du plateau tibial (TPLO) chez le chien

23 janvier 2018
Santé et soin / Boiteries / Ostéotomie de nivellement du plateau tibial (TPLO) chez le chien


Votre chien a un problème de ligament croisé du genou. votre vétérinaire vous a parlé d'une technique complexe, ou il ne vous en a pas parlé mais vous avez lu sur la TPLO... Et vous vous demandez quoi faire... Comme toutes les techniques qui marchent bien, elles sont souvent complexes... et donc elles inquiètent... Alors voici un article pour mieux comprendre le mode d'action de la TPLO.

La rupture du ligament croisé crânial est une des conditions orthopédiques les plus fréquentes chez le chien. Le traitement conservateur est une option qui doit être limitée aux chiens de petites races... Et encore...
De nombreuses techniques chirurgicales ont été développées et utilisées cliniquement mais malgré les avantages et inconvénients des différentes procédures, aucune technique chirurgicale a été prouvée supérieure pour le moment. Les techniques intracapsulaires ont pour objectif de remplacer la fonction du ligament croisé crânial par une autogreffe, une allogreffe, une xénogreffe ou une prothèse synthétique. Les techniques extracapsulaires utilisant des sutures circumfabellaire ou le fascia lata servent à stabiliser le genou pour une courte période, le temps que la fibrose periarticulaire se développe pour stabiliser l’articulation de manière durable. Cette fibrose permet alors à l'articulation d'être stable... Mais elle peut limiter l'amplitude de mouvement... Donc n'est sans doute pas idéale pour des chiens athlétiques...

Développement de l’ostéotomie de nivellement du plateau tibial (Tibial Plateau Leveling Osteotomy, TPLO)


C'est une technique développée en 1993 par Slocum. En 1999, 25 % des chirurgiens orthopédiques (Dipl. ACVS) la préféraient. Depuis, la TPLO est extrêmement répandue en Amérique du Nord, mais elle gagne aussi beaucoup de terrain en Europe.

Le principe de la TPLO


Le ligament croisé crânial a un rôle de contrainte passive limitant la translation tibiale crâniale et la rotation interne du tibia. Lors de la rupture du ligament croisé crânial, les condyles fémoraux glissent lors de l’appui en projetant crânialement le plateau tibial proximal en raison de la pente du plateau tibial et de la contraction des muscles extenseurs du grasset (quadriceps) et du tarse (muscle gastrocnémien). L’objectif de la TPLO est d’éliminer cette instabilité lors de l’appui.
A la différence des autres techniques courantes, la TPLO est une technique periarticulaire qui stabilise le grasset -genou- pendant la phase d’appui sans remplacer le ligament ni éliminer le mouvement de tiroir. Il a été démontré que l’importance de la poussée tibiale crâniale augmente avec l’importance de la pente du plateau tibial et peut être éliminée en modifiant chirurgicalement la pente du plateau tibial. C'est donc le principe de base de la TPLO.


Technique chirurgicale de la TPLO


Comme pour toute intervention orthopédique au niveau des membres pelviens, une épidurale peut être réalisée. Une ouverture de l'articulation est souvent réalisée, puis une coupe du tibia proximal est réalisée avant une rotation pour diminuer la pente du plateau tibial. Une fixation interne est ensuite réalisée utilisant une plaque spécifique acceptant entre 6 et 9 vis, le plus souvent avec quelques vis verrouillées.


Que se passe-t-il après la chirurgie?


Au CHV Frégis, les chiens sont le plus souvent hospitalisés 24 heures après la chirurgie, la rééducation postopératoire est démarrée rapidement (quatre semaines après la chirurgie) pour une période de quatre semaines, le temps de la cicatrisation osseuse. Un traitement anti-inflammatoire (AINS) est habituellement prescrit pour deux semaines.


Quelles sont les complications de la TPLO?



Les quelques articles évaluant les complications liées à cette chirurgie sont légèrement en surestimation pa rapport au taux de complication de chirurgiens spécialistes. Faire souvent cette chirurgie (comme les chirurgiens spécialistes) permet de diminuer les taux, donc attention où vous allez...
Au début de la technqiue, le taux global de complications était autour de 20 % (incluant complications mineures telles que enflure des tissus mous, irritation liée au bandage, etc.). Cependant le taux de réopération est inférieur à 5 %. Les complications les plus fréquemment décrites incluent persistance de la poussée crâniale tibiale, progression de l’arthrose, pathologie méniscale ainsi que infection, fracture de la crête tibiale ou de la fibula, desmite patellaire et défaillance des implants.

site de l'auteur : www.fregis.com

Dr Guillaume Ragetly, vétérinaire.

Races prédisposées à cette maladie


article créé, revu ou corrigé le 2018-01-23
par

Vétérinaire (Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse et d'Alfort) Diplomé

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