Hépatite par surcharge en cuivre

Hépatite par surcharge en cuivre

07 février 2018
Santé et soin / Maladies du foie / Hépatite par surcharge en cuivre


Des races de plus en plus variées sont concernées par l’hépatite par surcharge en cuivre. Un défaut métabolique aboutissant à l’inhibition d’excrétion biliaire du cuivre est impliqué. Les signes cliniques sont tardifs et peu spécifiques. L’histologie obtenue par biopsie échoguidée est diagnostique. Elle permet également de distinguer la forme héréditaire (Bedlington terrier), de la forme acquise (cholestase hépatique). La réponse au traitement par un chélateur du cuivre peut être excellente.

    Qu'est ce que c'est ?


Les hépatites chroniques canines sont fréquentes, leurs causes sont variables (infectieuse, toxique, iatrogène, immunitaire, accumulation de cuivre) mais, dans une grande majorité de cas, demeurent  indéterminées. La cirrhose hépatique est le stade terminal de toute hépatite chronique
Une inflammation s’installe dans le foie et va diminuer la capacité fonctionnelle du foie. La maladie progresse alors vers une cirrhose hépatique, stade terminal de toute hépatite chronique.

 

Parmi les hépatites raciales, les hépatites par surcharge en cuivre sont décrites chez le Bedlington Terrier (mutation génétique), le West Highland White Terrier, le Skye-terrier, le Dobermann Pinscher, le Dalmatien et les Golden Retriever. Il semble que de plus en plus de races semblent concernées.

Quels sont les causes des hépatites par surcharge en cuivre ?

 

Il existe trois causes : défaut héréditaire qui inhibe l’excrétion biliaire de cuivre, défaut de vidange de la bile (calculs biliaires,..) ou excès alimentaire.

 

Des symptômes tardifs et peu spécifiques


Les symptômes sont tardifs et peu spécifiques : abattement, anorexie, perte de poids, léthargie,
parfois vomissement, diarrhée, polyuro-polydipsie (le chien boit beaucoup et fait pipi beaucoup).

Avec la progression de la maladie, des signes plus spécifiques d’atteinte hépatique apparaissent :
ictère (jaunisse), troubles de la coagulation (saignements spontanés), ascite (liquide dans le ventre), troubles neurologiques.

 

Les examens sanguins sont d’une aide précieuse pour orienter le diagnostic. Lors d’insuffisance hépatique, on note une modification importante de nombreux paramètres biochimiques.
Des tests de coagulation sont conseillés avant toute chirurgie ou avant biopsie hépatique chez les chiens suspects.

 


Chien ayant le ventre gonflé de liquide d'ascite à cause de son hépatite

Le diagnostic nécessite une biopsie du foie

 

L’examen échographique est également indispensable. Il permet un dépistage précoce
d’ascite, d’évaluer l’aspect du foie et de réaliser des biopsies échoguidées.
Toutefois, 50 % des chiens atteint d’hépatite chronique n’ont pas de modifications échographiques.
Seul l’examen histologique des biopsies hépatiques permet le diagnostic et même un pronostic

 

Le traitement repose sur des chélateurs du cuivre 

 

Le traitement des hépatites chroniques par surcharge en cuivre repose sur l’utilisation des corticoïdes, d’un piégeur du cuivre et d’une restriction des apports alimentaires en cuivre.


Les corticoïdes sont distribués sur une durée de 3 à 6 mois. Ils permettent la suppression de la réponse inflammatoire/immune et possèdent un effet cholérétique [vidange de la vésicule biliaire].

 

L’essentiel du traitement repose sur un traitement chélateur (piégeur) du cuivre à base de pénicillamine qui, en plus de permettre l’excrétion du cuivre hépatique possède des propriétés anti-infl ammatoires.

 

La restriction alimentaire en cuivre joue un rôle mineur, elle est surtout valable en préventif pour prévenir une nouvelle accumulation.


Une supplémentation orale en zinc (absorption du cuivre intestinale) peut être donnée après un traitement chélateur pour prévenir l’accumulation en cuivre, mais son efficacité est minime et nécessite des contrôles sanguins fréquents.

 

Un traitement cholérétique à base d’acide ursodéoxycholique est également indiqué pour ses effets anti-inflammatoires et antioxydants.

 

Pour évaluer l’efficacité du traitement, il est préférable de réaliser des contrôles sanguins réguliers

 


J.-C. VANIER,
DV, CEAV médecine interne
Clinique Vétérinaire des
Chabanneries
153 avenue de la Résistance
26500 Bourg-Les-Valence



 

 

Races prédisposées à cette maladie


article créé, revu ou corrigé le 2018-02-07
par

Le docteur Vanier travaille à la clinique vétérinaire des Chabanneries à

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